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Vers une société écohérente

écohérent (adj. ; néologisme) : où l'économie est cohérente avec l'écologie

Il faut rendre l'économie cohérente avec l'écologie de notre planète

Il faut inventer une forme d'économie qui permette de réduire drastiquement la quantité d'objets fabriquée par les systèmes sociétaux. Il faut inventer une économie d'utilisation pour remplacer celle de consommation. 

L'importance de la réduction de notre consommation de ressources est équivalente à celle que réussit à faire une chenille en devenant papillon. Qui passe de consommer des feuilles en quantité industrielle à regénérer les plantes en toute légèreté.

 

C'est-à-dire que, comme les chenilles, nous devons nous métamorphoser pour devenir des société papillons, des société régénératrices à empreinte légère.​

Tout comme les chenilles, nous avons beaucoup de composantes à réorganiser ou à reformer et de composantes à inventer. Il faut tout questionner : toutes les conventions, les croyances et les vérités doivent être revisitées afin de trouver de nouvelles façons de vivre collectivement qui ne détruisent plus notre futur.

 

Depuis 400 ans, nous avons appris à maitriser les outils d'analyse de la réalité objective nécessaire pour inventer et opérer efficacement les systèmes sociétaux très compliqués d'aujourd'hui. Nous devons maintenant apprendre à maîtriser les outils de systémique pour naviguer la réalité subjective et apprendre à faire évoluer nos sociétés devenues complexes vers des formes d'efficience ultimes.

Nous ne connaissons pas la forme finale de notre métamorphose ; en fait, nous ne comprenons pas assez le défi pour l'anticiper. Malgré cela, nous devons enclencher les premières étapes avec la certitude que cette nouvelle forme devra consommer drastiquement moins de ressources.

Une chenille n'apprend pas à l'université à se métamorphoser et ses composantes ne sont sûrement pas en compétition pendant cette métamorphose. Mais à un certain point, l'organisme vivant bifurque. Il cesse de se percevoir comme la chenille qu'il a été dans le passé pour se mettre à se percevoir comme le papillon qu'il sera dans le futur.

 

L'organisme cesse de se percevoir comme la suite de son passé pour se percevoir comme le début de son futur. Et c'est de façon à la fois globale et instantanée que cette transformation se fait, comme l'a si bien démontré Ilya Prigogine par ses travaux récompensés du prix Nobel de chimie en 1977.

« Les chemins de la nature ne peuvent être prévus avec certitude, la part d'accident est irréductible : la nature bifurquante est celle où de petites différences, des fluctuations insignifiantes, peuvent, si elles se produisent dans des circonstances opportunes, envahir tout le système, engendrer un régime de fonctionnement nouveau. »

La continuité n'est plus une option : ne construisons plus à partir du passé mais à partir du futur émergent

Nous devons tou.te.s devenir les architectes des formes durables des systèmes sociétaux

Ainsi, la solution aux crises du présent ne repose pas sur le développement de la technologie ou de l'économie. Elle repose sur notre capacité à passer d'une dynamique de croissance dans un contexte de compétition à une dynamique d'efficience dans un contexte de collaboration.

 

Une telle réflexion ne peut se faire que collectivement, nous devons cocréer notre futur efficient. Comme l'a si bien nommé M. Henry Mintzberg, pour réussir ce défi nous devons investir dans le communityship, car c'est le véhicule obligé de notre métamorphose de survie.

 

Si l'efficacité des actions s'opère du haut vers le bas, le sens de l'efficience, lui, se construit du bas vers le haut. Le futur est multiple et il n'existe pas encore. Pour le choisir, nous devons le conceptualiser et ce n'est que collectivement que nous pouvons le faire puisque c'est collectivement que nous devrons le construire.

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