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Après le printemps arabe, aurons-nous le printemps occidental ?

L’augmentation de l’amplitude et de la fréquence des crises économiques tire à sa fin. En fait, je crois que la crise que nous vivons actuellement verra la fin du modèle de croissance infinie alimentée par une cupidité sans limite dans lequel nous vivons.

On situe l’origine de ce modèle de société autour de 1700 avec la publication, par Bernard Mandeville d’une fable intitulée « La fable des abeilles : les vices privés font le bien public ». 75 ans plus tard, Adams Smith en a fait un système avec la publication de « La richesse des nations » en 1776 et l’introduction de la main invisible qui surveillerait une société dans laquelle « Greed is good ». Dans ma perspective c’est le début de la crise d’adolescence de la société occidentale.

Pour parler de cupidité, le champion toute catégorie - Milton Friedman Aujourd’hui, ce modèle de société, qui recherche par-dessus tout la croissance pour répondre au besoin de cupidité de ses dirigeants a atteint sa quintessence. Et on peut dire que la crise d’adolescence est devenue délinquance.


Avec une société qui consomme 135% de ce que la biosphère produit on peut dire que la recherche de croissance à dépassé les limites du raisonnable.

Avec 50% de la population qui possède moins de 2 200 $ de richesse et 1% qui en possède plus de 500 000 $ on peut dire que la cupidité aussi à dépassé les limites.

L’économie dominée par un objectif central de croissance et nourri par une cupidité humaine promue et favorisée est maintenant sérieusement attaquée. Même ses plus grands défenseurs commencent à la questionner.

Personnellement, je suis convaincu que cette crise mondiale, qui semble débuter mais est, en fait, la suite de celle de 2008. Cette tempête plus que parfaite dans laquelle nous entrons provoquera la fin de ce capitalisme tel qu'on le connait. Probablement qu’avant 2013, et certainement avant 2015, l’humanité aura réalisée sa non-viabilité et entreprendra activement d’inventer, par expérimentation, de nouveaux modèles économiques, adaptés à une réalité planétaire redécouverte avec ses limites intrinsèques.

Voici venir l’ère du développement sans croissance, l’ère de la consolidation des acquis réalisée avec un objectif d’équité. Je crois que la domination du couple cupidité-croissance a vécu, celle du couple équité-consolidation débute.

La crise de 2008 aura été le déclencheur. Elle a permis à l’humanité de découvrir jusqu’à quel point le système économique subit une croissance forcée, qu’il est dominé par la cupidité de ses acteurs financiers et politiques et cela au prix de la qualité de vie et de la sécurité de l’ensemble de l’humanité et surtout de ses enfants.

Après avoir appris le pouvoir, le temps d’apprendre l’imputabilité arrive

Aujourd’hui une attention pleine d’interrogation se tourne vers cette économie, on en découvre l’incohérence et on la questionne de plus en plus. L’humanité se réveille. Le leurre ne fonctionne plus. La présence de la virtuelle et théorique main invisible pour assurer la cohérence du système ne convainc plus personne. Tous les regards se tournent vers le sacro-saint capitalisme et ses objectifs de croissance continue et illimitée et questionnent ses choix, ses objectifs.

Même les économistes, qui hier encore le promouvaient, aujourd’hui le questionnent.

La métamorphose semble bien commencée même si la forme finale qui en découlera demeure incertaine. Celle par laquelle elle débutera toutefois est prévisible, c’est celle de la démondialisation de l’économie. Pas celle de l’explosion d’un protectionnisme paralysant mais celle d’une régionalisation de l’économie, consolidante et régénératrice.

Ce changement de cap représente un changement de paradigme. Le cadre de référence décisionnel cessera de chercher à reproduire un passé de croissance mondialisé pour devenir rapidement celui de la recherche d’un futur régionalisé. Un futur Écohérent parce que l’économie y serait rendu cohérente avec l’écologie et le bien être de l’humanité.

La crise d’adolescence de la société tire à sa fin parce que la société découvre l’imputabilité. Voici venir la sérénité de la maturité, seule porteuse de développement durable.

Le balancier s’inverse, le couple cupidité/croissance qui a dominé l’évolution des 300 dernières années doit être remplacé, dans un juste retour du balancier, par le couple équité-consolidation. Au moins pour les prochaines décennies, le temps que la société neutralise l’ensemble de ses impacts négatifs pour la biosphère et l’humanité. Ça veut dire que : le temps de l’action est arrivé. Nous devons relever nos manches, quitter notre foyer confortable, accepter de vivre le doute et le risque d’entreprendre la tâche la plus importante de l’humanité. Nous devons inventer une nouvelle société, une société qui peut se développer et évoluer sans avoir besoin de grandir. Nous devons apprendre à cesser de grandir sans cesser de nous développer.

Les scientifiques entrent dans la danse

Mais le plus beau c’est que nous sommes prêts pour ces changements car cette transformation nécessaire de la société et de son système économique intervient en même temps que celle des chercheurs de tous les pays qui quittent leur tour d’ivoire.

En effet, la science aussi change de paradigme. Elle quitte rapidement la vision mécaniste induite par René Descartes dans son « Discours de la méthode » en 1637, renforcé par le déterminisme de Pierre-Simon Laplace en 1814. Ces perspectives qui séparaient complètement les notions de sciences matérielles et de conscience cessent rapidement de dominer l'univers scientifique. Les perceptions évoluent tout aussi rapidement vers un nouveau paradigme scientifique, celui de la vision systémique, une perspective holistique du monde et de l'univers. Les travaux parallèles de Edgar Morin le philosophe universel de la pensée complexe et d'Ilya Prigogine le concepteur des structures dissipatives qui tous deux réintégrèrent matière et conscience ont permit de démontrer que tout est complexe et holistique parce qu’inter relié.

Ça permet de subitement de considérer l’homme par rapport à son contexte et de comprendre son rôle et ses responsabilités par rapport au reste de l’univers.

La révolution de la pensée complexe est en plein développement et se répand comme une trainée de poudre dans les universités du monde. Elle propose une vision tellement plus complète de la vie. C’est cette nouvelle compréhension, plus riche et plus mature et surtout plus dynamique de l’univers. C'est cette révolution qui est en même temps scientifique et philosophique qui nous permettra d’inventer une nouvelle société, une société durable, équitable et régénératrice pour la biosphère.

Les cultures aussi s'y mettent

Dans un troisième aspect, l’humain aussi est en mutation. L’introduction d’internet a provoqué l’émergence une jeunesse numérique, inter-reliée et consciente à un niveau de globalité jamais atteint. C’est la révolution Noétique décrite par Marc Halévy dans son livre « L’Age de la connaissance » publié en 2005. Et cette révolution correspond à un besoins de changement de perspective car dans une société complexe celui qui peut c’est celui qui sait savoir bien plus que celui qui sait.

La révolution numérique c'est l'humanité qui ne dépend dorénavant plus de la société pour accéder au savoir. Le lien est direct. Ça implique qu'il n'y a plus personnes pour confirmer la valeur de l'information mais aussi qu'il n'y a plus personnes pour décider ce qui peut être dit et ce qui ne le peut pas.

Finalement tout arrive en même temps. Comme si c’était planifié mais plutôt parce que c’est systémique. La société est en mutation ! La science est en mutation ! L’humain est en mutation ! Le futur est arrivé. Vive le futur !

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