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Le pic pétrolier, où en sommes-nous ? (1 de 3)

Un peu d’histoire

Au début du nouveau millénaire, le pétrole était tenu pour acquis. Il était implicitement perçu comme une ressource dont on ne verrait pas la fin. Toutefois, depuis ce temps, une idée se fraie lentement un chemin dans la conscience populaire. Celle du pic pétrolier, celle d’un temps où la production de pétrole ne pourra plus augmenter même si la demande, elle, continue à augmenter.

Perçue comme illimitée il y a seulement dix ans, cette ressource est aujourd’hui associée à des difficultés d’approvisionnement qui en font monter le prix. La réalité de sa rareté a pénétré la conscience des populations et une inquiétude tacite et non verbalisée s’est installée, au point d’accepter : qu’on la prospecte dans des parcs naturels (Alaska, île d’Anticosti…); qu’on détruise des écosystèmes pour permettre son extraction (Alberta); ou encore que l’on risque de polluer la nappe phréatique par l’utilisation de puits horizontaux (fracking).


À l’origine de cette prise de conscience, il y a eu l’œuvre d’un groupe d’expert qui, en 2002, ont créé une organisation, l’ASPO «Association for the Study of Peak Oil&Gaz », avec pour objectif de documenter le danger, de l’expliquer et de le faire émerger dans la conscience populaire.

Créée d’abord en Allemagne, l’organisation a rapidement vu un chapitre norvégien puis suédois venir l’appuyer. Aujourd’hui, une décennie plus tard deux douzaines de pays ont mis sur pied un chapitre de l’ASPO; parmi ceux-ci on trouve le Canada, les États-Unis et la majorité des pays d’Europe. Grâce à un travail assidu et désintéressé, ces multiples groupes d’experts ont réussi à décrire et à documenter le problème du pic pétrolier de telle manière qu’aujourd’hui, cette possibilité très probable existe réellement dans la conscience sociale des citoyens de tous les pays développés et de la majorité de ceux en développement.

Le pic pétrolier a pénétré notre réalité

J’ai commencé à vraiment étudier le pic pétrolier lors de la préparation d’une des premières conférences que j’ai faite. C’était pour le congrès de l’AMETVS en 2004. La découverte de l’ampleur et de la complexité du problème à résoudre fut pour moi un choc si bien que je n’ai jamais cessé de suivre le dossier et d’en décrire les implications depuis cette époque. Aujourd’hui, après une bonne centaine de conférences sur les différentes dynamiques de changements, je peux vous confirmer que le niveau de conscience de mes auditoires sur cette problématique spécifique s’est complètement transformé.

Le pic pétrolier, qui était un sujet de surprise pour mes auditoires il y a seulement trois ou quatre ans, est aujourd’hui devenu une possibilité reconnue et acceptée. Une possibilité à laquelle on veut commencer à réfléchir, que l’on veut intégrer dans les planifications. Parfois même le pic pétrolier est perçu comme un futur inéluctable pour lequel on veut commencer à se préparer.

Mais, ce problème est tellement complexe à résoudre et il a tellement d’implication que la très grande majorité des dirigeants de la planète préfère l’ignorer, même si c’est aux risques et périls des économies nationales et du bien-être des populations.

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